Fils de pub, bête de com.

Le blog de Romain Pittet vous propose un bouquet de réflexions amusées servi sur un lit de commentaires soigneusement émincés. Tout l'assortiment est cultivé à la main au cours de longues journées de travail dans le domaine de la communication et des relations publiques.

Catégorie : Publicité (Page 1 sur 5)

Tendre le bâton…

Comme quoi la bonne vieille règle qui consiste à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de dire une bêtise a de beaux jours devant elle!

C’était il y a quelques jours. Louis était à son entraînement de foot et j’en ai profité pour faire un tour au supermarché du coin: j’avais besoin de deux-trois trucs pour le souper. En sortant, la vision d’une vitrine m’arrête net. Non non, pas de lingerie fine ou de maillots de foot.

Tout simplement deux affiches.

«Désormais, votre fidélité est récompensée. Désormais, vos achats sont récompensés.»

«Désormais.» Vraiment?

Genre, parce que c’était pas le cas avant?

Alors oui, c’est sûrement nouveau, mais franchement: à quoi bon insister lourdement là-dessus?

«Bon c’est vrai, on vous tond depuis des années. Alors on a décidé d’arrêter avant que ça commence à se voir. Oh non, on vient de dire ça à voix haute?»

Ça a l’air naze? Eh bien c’est exactement ce que j’ai lu sur ces affiches. Mais heureusement c’est pas MA pharmacie \o/

Y a des fois où on se demande à quoi réfléchissent les entreprises au moment de communiquer…

Tu as aimé? Merci de le faire savoir autour de toi!

Ricolaaaaah

Il y a peu, les bonbons les plus suisses du monde ont lancé une nouvelle variété: Ricola Menthe des Glaciers. Sans aller jusqu’à hurler au génie, je trouve le nom vraiment bien pensé. Il évoque un monde de fraîcheur parfumée qui fait appel à un imaginaire suisse de carte postale… bref, ça fait immédiatement envie!

ricola-chrüterchraft-273x130

Par contre, un détail de leur campagne de lancement m’a fait froncer les sourcils. Dans leur sponsoring sur Couleur 3, j’entends: «La météo, avec Ricola Menthe des Glaciers (…) menthe des glaciers point CH.»

Pourquoi menthedesglaciers.ch et pas tout simplement ricola.ch? Comme je l’ai dit, Menthe des Glaciers évoque un monde de sensations mais est-ce qu’on va se souvenir du nom? On se souviendra de Ricola en tout cas.

Sans-titre-585

Mais il y a autre chose: ricola.ch n’est pas seulement plus court à taper, c’est aussi plus facile. Je ne veux pas faire le pédant, mais combien de gens connaissent l’orthographe particulière du mot «menthe»?

Je suis sûr que plein de monde va essayer de visiter mentedesglaciers.ch et le problème, c’est qu’ils n’arriveront nulle part: croyez-moi, j’ai essayé. C’est peut-être un détail, mais vous savez ce qu’on dit du diable et des détails. Enfin, encore heureux qu’ils n’aient pas choisi «chrüterchraft.ch», on aurait vraiment été mal.

Tu as aimé? Merci de le faire savoir autour de toi!

Ici c’est Lausanne !

Y a un truc qui ne manque presque jamais avec les Ricains: que ce soit Spotify, Netflix ou ebay, ils débarquent en Suisse et se mettent à nous causer en allemand. C’est toujours un peu gonflant, mais on s’y fait.

On comprend bien que pour une boîte de la Sillicon Valley c’est pas simple à comprendre qu’on apuisse voir autant de particularités dans un aussi petit pays. Du coup, ils y vont avec leur pragmatisme habituel et choisissent la langue la plus utilisée. Mais bon, c’est des Ricains.


Nous sommes le matin. Je traverse la gare de Lausanne d’un pas vif, l’oeil alerte et la main gauche qui brûle gentiment au contact d’un gobelet de thé. Et je tombe sur une affiche… en allemand !

Des Ricains ? Eh bien pas du tout. Non madame, c’est tout simplement Coop qui a décidé de nous vanter les mérites de la « Tropenhaus » de Frutigen !

Pas bravo, en tout cas. Que les étrangers ne fassent pas l’effort de comprendre la structure linguistique du pays, passe encore. Mais qu’un acteur suisse fasse une telle erreur de ciblage,ça démontre une incompétence absolument effarante !


Vérification faite, Coop n’est que le partenaire de cette attraction touristique. Donc probablement pas coupable de la mauvaise planification média. Mais ça reste difficilement compréhensible de la part d’un annonceur suisse.

Tu as aimé? Merci de le faire savoir autour de toi!

Buzz Aldrin: «La Suisse plus extraordinaire que la lune»

Quand j’ai entendu que Suisse Tourisme avait engagé Buzz Aldrin comme ambassadeur, j’ai levé un sourcil interrogateur. J’ai peut-être même secoué la tête en soupirant. Je ne voyais pas le rapport. Ensuite j’ai vu le spot. Et je dois dire que c’est plutôt bien joué.


When I first landed here I said to myself: « This is simply out of this world. This is the most amazing landscape I have ever seen. » And you can believe me: I am familiar with out of this world places. I have been on the moon.


Buzz Aldrin, c’est tout simplement le deuxième type à avoir posé son pied sur la lune.  Il représente ce qui est sans aucun doute le voyage le plus extraordinaire de toute l’Histoire récente. Quand ce vieux bonhomme nous dit de sa voix tranquille: «Je suis allé sur la lune», j’en ai des frissons. Je m’imagine ces mecs qui se sont embarqués dans un truc qui ressemble à une boîte de conserve pour se balader dans l’espace en ne sachant même pas s’ils pourraient revenir. Le personnage concentre une quantité phénoménale d’émotions et d’admiration .

Suisse Tourisme et Buzz Aldrin: un ambassadeur qui concentre une quantité phénoménale d'émotions! Click To Tweet

Il sait de quoi il parle

Si Buzz a marché sur la lune et qu’il nous dit que la Suisse est un endroit incroyable, qu’il n’a jamais vu un paysage aussi extraordinaire, on aurait tendance à le croire. Et d’ailleurs, les images sont parfaitement réalisées pour nous convaincre: le parallèle avec le paysage lunaire, l’empreinte de la botte dans la neige helvétique, la tenue même de l’astronaute qui rappelle la combinaison spatiale qu’on a tous vue des milliers de fois…

Aucun doute, Buzz flatte notre égo et notre chauvinisme, à nous les Suisses. Reste un détail sur lequel j’aimerais beaucoup avoir des infos: est-ce que ça fait le même effet à des étrangers? Parce que c’est quand même le but. 

Tu as aimé? Merci de le faire savoir autour de toi!

Minipic et les petites saucisses

IMG_2652

Cette affiche m’intrigue, j’ai de la peine à la comprendre. «On en oublie les autres.» Mais de qui on parle, au fond?

Visuellement, ça part assez juste: ça sent la styliste zurichoise, la fillette blonde avec des couettes sort tout droit d’un petit bled de Suisse-allemande et le paysan de montagne vient compléter le tableau. Pas de doute, on est bien en Suisse.

Minipic est un de ces produits typiquement d’ici, avec une forte connotation émotionnelle. On le connaît depuis toujours, il évoque des pique-niques à la montagnes, des courses d’école, des voyages en train, des sorties à ski. J’en mangeais petit et mes enfants en raffolent.

A part pour quelques malheureux qui se seraient cassé une jambe ou brûlés durant ces excursions, Minipic rappelle de bons souvenirs chez tout le monde. Alors comment comprendre cette affiche? Qui oublie qui? Ou quoi?

On en oublie les autres. Pardon?

Chaque personnage de l’affiche est super différent des autres mais ne s’en soucie pas? On aime tellement manger un Minipic qu’on se fiche de ce que pense le reste du monde en nous voyant ronger un bâton de charcuterie?

Minipic_–_Campagne

C’est toujours gênant quand une campagne est incompréhensible... Une visite du site web ne m’a pas aidé non plus. Quoique. En allemand, le slogan est: «Alle Andere sind Würstchen!» Würstchen, des petits saucisses? Tous les autres ne sont donc que des petites saucisses?

L’ennemi héréditaire

Dans le sens «petit pipi»? Du menu fretin, de la gnognotte, de la gogne? De la m*rde? Ou alors juste ça, des petites saucisses? Le mot doit quand même avoir un sens particulier puisque, toujours dans la version allemande, on nous enjoint à ne pas être une Würstchen

Minipic_–_Kampagne

Un petit tour dans la version anglaise du site me donne enfin d’autres indices. Le slogan est «All the others are weenies.» Weenie, comme «Wiener», le nom de la saucisse de Vienne. Mais aussi, en argot, un synonyme de pénis. Nous y voilà! C’est encore une mauvaise traduction! Il y avait bien un jeu de mots (douteux et macho) sur la vague ressemblance entre une saucisse et un zizi sexuel…

Mais quand donc les publicitaires zurichois (tout de noir vêtus comme il se doit) comprendront-ils qu’on vit dans un pays plurilingue? Qu’une campagne doit fonctionner aussi bien en français et en italien qu’en allemand? Que c’est peut-être marrant de parler de Würstchen en allemand mais que ça tombe complètement à plat quand on parle seulement «d’oublier les autres?»

Tu as aimé? Merci de le faire savoir autour de toi!

Page 1 sur 5

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén