Fils de pub, bête de com.

Le blog de Romain Pittet vous propose un bouquet de réflexions amusées servi sur un lit de commentaires soigneusement émincés. Tout l'assortiment est cultivé à la main au cours de longues journées de travail dans le domaine de la communication et des relations publiques.

Non, les RP ne sont pas encore mortes

Hier, Mathieu Janin a publié une longue analyse qui détaille les dangers planant sur le métier des relations publiques. Avec en filigrane une question un brin provocante, mais tout à fait pertinente: est-ce que notre métier ne risque pas de disparaître, purement et simplement annexé par le marketing? J’ai voulu lui répondre, avant d’être brutalement interrompu par la limite de caractères dans les commentaires Linkedin.

Cet article entend donc poursuivre (SPOILER: et déplacer un peu) le débat.

Lire l’article de Mathieu ici

Cher Mathieu,

Merci pour cette longue analyse. Je pense que tu as tout à fait raison de dire que notre métier RP est en danger. Si je me suis impliqué au sein de la Société Romande de Relations Publiques depuis deux ans, c’est précisément parce que je vois bien qu’il faut agir.

Ton article parle d’Inbound Marketing, de modèle PESO ou encore de mesure de la performance des actions RP. Tous ces sujets sont de vrais enjeux de la profession aujourd’hui. Mais ça reste des outils.

Déplaçons le débat

Ce ne sont pas les outils utilisés qui forment notre plus-value au sein de l’organisation, mais la finalité de notre activité.

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Pour parler comme Simon Sinek, si nous voulons sauver notre profession, il va falloir mettre en avant le Why. Et non pas se battre sur le terrain du How et du What qui sont, et heureusement d’ailleurs, partagés avec bien d’autres métiers connexes et notamment le marketing.

Le nœud du problème, et nous en sommes certainement responsables, vient d’une mauvaise connaissance et compréhension de notre métier par les dirigeants et le grand public. Et tant que l’organisation ne saura pas à quoi on sert, peu importera notre maîtrise ou non des outils.

A quoi servent les RP? C’est un domaine si vaste que les RP sont sont souvent définies de manière partielle et réductrice.

Un combat pour l’exemple

Si j’ai réagi à l’annonce du CFJM, c’est parce que la démarche de cette institution offre une vision partielle des métiers de la communication, concentrée sur la création et la diffusion de contenu. Et cette vision partielle est très dangereuse pour notre profession. Faire mieux comprendre toute la richesse de nos activités et des enjeux que nous traitons me paraît un premier pas essentiel si on veut offrir un avenir à notre métier.

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Mais je sais bien que le danger pour notre profession ne vient pas des journalistes. Au contraire, nous avons énormément à apprendre de leur savoir-faire pour nous améliorer dans une partie de nos activités.

Tout comme nous avons énormément à apprendre du marketing, du service design, de la prospective, de l’ethnographie et de tant d’autres disciplines!

Un métier à expliquer

Pour offrir un avenir aux RP, nous devons absolument faire mieux connaître et comprendre notre métier. Pas en présentant nos outils ou en faisant l’étalage des sous-disciplines comme c’est souvent le cas. Mais bien en insistant sur le dessein réel de nos activités: développer et entretenir de véritables relations entre une organisations et ses publics.

Ces relations ne doivent pas être nouées dans le vide, mais dans le but de faciliter l’accomplissement de la mission de l’organisation, son développement économique ou encore l’acceptation sociale de son activité.

Et à ce petit jeu-là, la communication est un moyen, pas un but.

Une vision à poser

Mon ambition, en tant que nouveau coprésident de l’association, est d’abord de permettre à nos membres de poser une vision partagée de notre métier. Elle est aujourd’hui soit inexistante, soit trop diffuse pour être réellement défendue.

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Cette vision, je la rêve ambitieuse quant à la place que les relationnistes doivent tenir dans l’organisation. Je la rêve ancrée dans la finalité de nos actions plutôt que dans les outils utilisés. Je la rêve, enfin, plus large que la seule communication. Parce qu’il y a des moments où il faut parler, et d’autres où il faut agir.

Mais je m’enflamme un peu. Ça, c’est *mon* rêve.

Mon premier défi est de le faire partager par mes consœurs et mes confrères. Une fois que la vision sera là, on pourra commencer à combattre la mort programmée que tu nous annonces, et je me réjouis de pouvoir compter sur le soutien que tu nous promets, cher Mathieu.

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