Alors là, vous allez vous dire que ça y est, Romain a pété une durite. J’ai quitté le comité de la SRRP, je dis que la com n’est pas un métier… c’est quoi la prochaine étape? Que je me mette à boire du café? A prétendre que Manchester City est un grand club de foot?
Mais non, on se détend, ça va aller.
En fait, c’est pas complètement faux de dire que la com est un métier. Et j’apprécie l’idée qu’il y a derrière, hein. Mais je trouve que c’est pas assez précis. Alors je le répète: non, la com c’est pas un métier. La com, c’est DES métiers.
Et là, vous avez probablement levé les yeux au ciel. «Quand même il est pénible Romain, avec sa manie de jouer sur les mots.» Mais la distinction est importante. Primordiale, même.
Et la diversité, bordel?
Quand on dit que la com est un métier, on occulte la richesse de notre domaine et la diversité de ses activités. Si la com est un métier, alors c’est pas étonnant que les gens s’attendent à me voir écrire des textes, faire du graphisme, créer des sites web, faire de la photo et du montage vidéo, organiser des events et donner les badges à l’accueil, parler à des journalistes, emmener ma cliente chez le coiffeur avant un shooting, définir un tone of voice, alimenter le profil Instagram de la boîte, signer des contrats de sponsoring, réserver des espaces publicitaires, imprimer des affiches, designer et commander du matériel publicitaire, redéfinir des marques, répondre au téléphone, envoyer des newsletters, etc.
La communication, c’est pas comme la vicitulture ou la comptabilité. «Avec tout le respect», comme disent les jeunes qui aiment tellement abréger. Avec tout le respect donc, parce que je connais pas bien ces domaines. (Mais après tout, critiquer sans connaître, c’est ce que tout le monde fait avec la com. Enfin peut-être pas les viticulteurices ou les comptables, mais vous voyez l’idée.)
Comme la santé
Non, pour comprendre la communication, il faudrait plutôt comparer avec la santé. La santé, c’est un seul domaine, mais c’est une multitude de métiers. Il y a des infirmiers et des infirmières, des chercheureuses, de l’admin, des assistantes médicales, des techniciens et des techniciennes, des pharmaciens et des pharmaciennes, des laborantins et des laborantines, et bien entendu des médecins aux innombrables spécialités.
Je pense que personne n’aurait l’idée de demander à un pharmacien de lire une IRM, ni à une cardiologue d’examiner l’intérieur des oreilles, ni encore à un technicien en radiologie d’ausculter le petit dernier après un bobo à la place de jeux.
Eh bien pour la com, c’est pareil. Il y a une foule d’activités à confier à des profils plus ou moins spécialisés. Et d’ailleurs, ça rend absolument indispensable le besoin de réfléchir, de prioriser et d’organiser tout ce merdier. Mais on y reviendra une autre fois.
En attendant, on est gentil-le et on répète après moi: «la com, c’est DES métiers!»
Les lecteurices doté-es d’un minimum d’attention auront saisi la subtile référence au hashtag #LaComEstUnMetier, tiré du bouquin de Frédéric Fougerat et qui est régulièrement asséné sur Linkedin. J’ai bien compris l’idée, hein. Et j’apprécie tous les efforts déployés pour associer la com à l’idée d’un domaine professionnel, et pas d’un truc rigolo pour faire joli. Je suis d’ailleurs pas sûr que ce combat est terminé, mais je pense quand même qu’on doit dépasser ça. Avec tout le respect, encore une fois.
La photo tout en haut de cette page est de Daniel Herron sur Unsplash